Une partie de l’opinion croit posséder ce qu’elle appelle » la vérité historique », elle entend l’imposer aux autres. D’ailleurs, elle voudrait que les autres s’y soumettent . Seule sa vérité est la vérité. Elle seule a compris l’histoire . Quelles vaines ambitions et prétentions !
Une autre partie n’agrée pas la variante de la première et croit avoir des preuves à lui opposer. Depuis plusieurs décennies , elle demande à ce qu’on reparle de l’histoire , qu’on la discute . Elle exige que justice lui soit rendue . Assurément , elle souhaite qu’on se mette d’accord sur le sens à donner à l’histoire même si en son sein une autre catégorie de guinéens pense aussi posséder la vérité » historique ».
Votre vérité n’est pas la vérité. Voilà ce que nous autres disons . Nous appelons à aller à la réconciliation nationale. Nous la théorisons. Nous appelons à solder le contentieux historique qui oppose l’Etat et les citoyens et au-delà les citoyens.
Il est clair que notre mémoire collective est conflictuelle. Dire qu’il n’y a pas de fracture mémorielle en Guinée est une mauvaise foi ou le choix du révisionnisme historique. Cela est intolérable.
Je comprends sans jamais arrêter de les plaindre ceux qui pensent que l’histoire du pays doit taire ses pages sombres. Une histoire dont on a pas tirer les leçons , se répète indéfiniment . Ils doivent comprendre qu’il pourrait avoir des mémoires individuelles antagoniques mais qu’il ne devrait pas avoir de mémoire collective conflictuelle. Les politiques mémorielles efficaces devraient l’empêcher. Le sens à donner à notre histoire doit procéder des compromis forts.
Ça me révulse que certains Guinéens traitent d’autres » d’aigris sociaux » , « d’éternels insatisfaits ». Mais les a-t-on écoutés , les a-t-on entendus ? Il est de notre devoir comprendre leurs douleurs et leurs saines colères. Le CNRD semble ne pas aller dans ce sens. Il confond l’objectif à la finalité.
Le combat de notre génération ne doit pas être de faire renaître la Guinée de ses cendres mais d’éviter qu’elle se défasse . La haine de l’autre s’assume à présent. On lui dit qu’il peut se chercher un autre pays , qu’il peut aller dire sa colère ailleurs. Hélas que le temps n’a pas permis de faire le travail de deuil et de mémoire. Notre fracture mémorielle s’aggrave.
Ibrahima SANOH
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« Dire qu’il n’y a pas de fracture mémorielle en Guinée est une mauvaise foi ou le choix du révisionnisme historique » (Par Ibrahima SANOH)
By Guinée NondiDéc 18, 2021, 14:21 pmCommentaires fermés sur « Dire qu’il n’y a pas de fracture mémorielle en Guinée est une mauvaise foi ou le choix du révisionnisme historique » (Par Ibrahima SANOH)
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