Le débat sur le changement de la constitution continue de faire des vagues aussi bien au sein de la mouvance qu’au sein des organisations de la société civile sans oublier les partis politiques de l’opposition. Pour le parti au pouvoir il y a nécessité de changer la constitution de 2010 avant même la fin de mandat du Président Alpha Condé, pour les autres cette opportunité ne sied pas car la constitution elle-même ne l’a pas prévue et voient en cela comme une contorsion, une volonté du président de la république de briguer un autre mandat de trop. Après le dernier conseil des ministres du Jeudi 27 Juin, au cours duquel, le chef de l’état a dit prendre acte de la volonté de son gouvernement à s’inscrire dans la dynamique du référendum, les réactions ne se sont pas fait attendre. Hier, Lansana Diawara du mouvement des brassards rouges disait que sa structure aussi prend acte de cette décision du gouvernement, et compte organiser une réunion d’urgence afin de mettre en place des actions d’urgence permettant de barrer la route aux promoteurs du troisième mandat. Aujourd’hui c’est le tour du mouvement Amoulanfé de réagir, nul ne doute que d’autres réactions suivront.
Ci-dessous la déclaration du mouvement Amoulanfé.
Le Mouvement #AMOULANFE a appris avec déception la déclaration du président de la République, Alpha Condé, lors du conseil des ministres du 27 juin 2019, par laquelle il indique :
« Avoir pris acte de la volonté librement exprimée par la totalité des membres du gouvernement de s’inscrire résolument dans la dynamique du référendum pour une nouvelle constitution reflétant l’aspiration légitime du peuple de Guinée à se doter d’institutions et de lois plus adaptées à l’évolution de la situation socio-économique ».
Le Mouvement #AMOULANFE fait observer au président de la République que sa déclaration est illégale, irrespectueuse du peuple de Guinée et porteuse des germes d’une instabilité politique susceptible d’engendrer des affrontements violents entre les citoyens du pays.
Alors qu’aucune disposition de la constitution de 2010 ne l’autorise à changer de constitution par voie référendaire, le président Alpha Condé piétine allègrement son serment de respecter et de faire respecter les lois du peuple de Guinée en s’octroyant un pouvoir que le constituant ne lui reconnait pas. Cette posture du président est illégale et procède littéralement d’un parjure dont les éléments constitutifs sont incontestables.
En croyant tirer la légitimité de son dangereux projet de la « volonté librement exprimée par les membres de son gouvernement », le président Alpha Condé méconnait l’Etat de droit et les principes démocratiques de représentation du peuple. Il feint d’ignorer que la volonté du Peuple n’est point la volonté du gouvernement qui, tout au plus, ne saurait qu’être l’exécutant de la volonté clairement exprimée par ce peuple souverain, soit directement, soit à travers ses représentants réunis en assemblée.
Par ailleurs, force est de regretter l’attitude méprisante du président Alpha Condé à l’endroit du peuple de Guinée qui se résume, dans son entendement, à son gouvernement, son parti et aux bénéficiaires des retombées de sa gouvernance. Il eut été à tout le moins équilibré, faute d’être légal de la part du président, de prendre en considération la volonté sans cesse exprimée par des millions de Guinéens de défendre la constitution de 2010 en s’opposant à toute nouvelle constitution avant la fin du mandat présidentiel en cours.
Le Mouvement Citoyen #AMOULANFE constate avec amertume le détournement de la direction des affaires du pays par le président et ses partisans dans le seul but de faire aboutir le projet de changement de constitution tendant à le maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat.
Le mouvement qui a pour but de préserver et de promouvoir la démocratie en République de Guinée, considère que la déclaration du président est d’une telle gravité qu’elle menace sérieusement la paix dans le pays et compromet la sécurité des citoyens sur l’ensemble du territoire national.
De ce qui précède, le Mouvement #AMOULANFE, soucieux de la préservation de l’Etat de droit, de la justice, de la démocratie et de la paix sociale en République de Guinée, condamne fermement les propos irresponsables du président Alpha Condé.
Le mouvement réaffirme sa volonté inébranlable de lutter sans relâche, par tous les moyens légaux que reconnait la constitution au peuple de Guinée, contre le projet de nouvelle constitution qui n’a d’autre visées que d’assurer le maintien du président Alpha Condé au pouvoir.
Le Mouvement #AMOULANFE invite le peuple de Guinée à s’unir et à s’ériger en rempart contre toute forme de violation de sa constitution qui est le garant de sa démocratie chèrement acquise.
Le Mouvement #AMOULANFE